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La règle des trois nuits, ou pourquoi votre circuit a une étape de trop

Par · · 6 min de lecture

L'erreur la plus fréquente dans un itinéraire n'est pas le choix des lieux. C'est leur nombre. Voici le calcul simple que je fais avant tout le reste.

Quand on me soumet un itinéraire à relire, je regarde une seule chose en premier : le nombre de nuits par étape. Dans neuf cas sur dix, le problème est là, et il rend secondaires toutes les autres questions.

Ce que coûte une étape, vraiment

On raisonne en distance et en temps de trajet. C'est insuffisant. Une étape ne coûte pas seulement le trajet : elle coûte la fin de matinée du jour de départ, le trajet lui-même, l'installation, et la première soirée à chercher où manger. Compté honnêtement, changer de lieu consomme une demi-journée à une journée pleine, même sur cinquante kilomètres.

C'est pour ça que je pars d'une règle grossière mais efficace : trois nuits par étape. Deux nuits, c'est une journée pleine sur place — souvent trop court pour autre chose que la carte postale. Trois nuits, ce sont deux journées, dont une sans objectif, et c'est généralement celle dont on se souvient.

Un itinéraire de quatorze nuits ne contient pas sept villes. Il en contient quatre, et c'est déjà soutenu.

Le calcul en trente secondes

Prenez le nombre de nuits total, retirez la nuit d'arrivée et celle de départ si vos vols sont tardifs, divisez par trois. Le résultat est votre nombre d'étapes maximum. Pas votre objectif : votre plafond.

Presque tout le monde trouve ce plafond trop bas la première fois. C'est normal : la liste des lieux qu'on veut voir s'est construite sans contrainte de temps, et la couper fait mal. Mais c'est ce plafond ou le sentiment, au retour, de n'avoir fait que passer.

Les exceptions que j'accepte

Deux nuits se défendent quand l'étape est une vraie étape de transit — une ville qu'on traverse parce qu'elle est sur la route, pas parce qu'on la visite. Et une nuit se défend uniquement pour dormir près d'un aéroport ou d'une gare avant un départ matinal.

En revanche, je n'accepte jamais deux étapes courtes consécutives. Deux fois deux nuits d'affilée, ce sont quatre jours passés en grande partie à faire et défaire des sacs.

Le sens de rotation, ensuite seulement

Une fois le nombre d'étapes fixé, la question devient : dans quel ordre ? Je place l'étape la plus exigeante en deuxième position — jamais en première, parce qu'on arrive fatigué, jamais en dernière, parce qu'on n'a plus d'énergie. Et je garde pour la fin l'étape la plus reposante, celle d'où on peut rejoindre le point de départ sans stress.

Ce n'est pas une science. Mais depuis que je procède dans cet ordre — nombre d'étapes d'abord, lieux ensuite, rotation en dernier — je passe beaucoup moins de temps à défaire des itinéraires impossibles.

Portrait de Camille Rouvray

Rédactrice en chef · Voyage & Tourisme

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